Ces mots français
utilisés en anglais

Publié le 04/01/2019 par Assimil
3 commentaires

On parle souvent de tous les anglicismes présents dans la langue française. Mais l’on oublie un peu vite que l’inverse est aussi vrai. Bon nombre de mots ou expressions françaises sont utilisés au quotidien par nos amis d’outre-manche et d’outre Atlantique. Une influence linguistique qui s’est notamment amorcée dès le XIe siècle avec la conquête de l’Angleterre par les Normands. Depuis la bataille d’Hastings, l’eau de la Tamise a coulé sous les ponts mais le français a su se faire une place dans le vocabulaire anglais. « Amuse-bouche », « rendez-vous », « fiancé », « déjà-vu » ou encore « C’est la vie ! » : découvrez tous ces mots français utilisés en anglais, en italique dans le texte.

Les mots français du domaine culinaire

S’il y a bien un domaine dans lequel les Français n’ont rien à envier aux Britanniques ou aux Américains, c’est bien la cuisine. Au contraire, la France fait même figure de référence internationale quand il s’agit de passer derrière les fourneaux. Il n’est donc pas étonnant que parmi les mots français utilisés en anglais, beaucoup soient issus du domaine culinaire.

Vous voulez des exemples ? Voici quelques « amuse-bouche ». Un mot justement utilisé par nos voisins anglo-saxons, tout comme son synonyme, « hors d’œuvre » (moins utilisé de nos jours, remplacé par « starter »). Idéal accompagné d’un petit « aperitif », n’est-ce pas ? Côté cuisine, quand les Anglais font gratiner un plat, ils le font « au gratin ». De même, aux États-Unis, du bœuf mariné dans une sauce légère sera appelé « beef au jus ». Particularité amusante : pour désigner le plat principal, les Américains peuvent utiliser le mot « entrée ». Enfin, en dessert, vous pourrez prendre une « crème brûlée » avant de vous offrir un petit « digestif » comme une « eau-de-vie ». Ces deux derniers mots restent toutefois peu utilisés, aujourd’hui. Le menu convient au « bon vivant » que vous êtes ? Alors « bon appétit » !

Considérée comme un symbole de la France – et parfois même utilisée comme une petite insulte jouant sur les clichés –, la célèbre « baguette » se prononce pareil en anglais. Dans le même thème, attention au mot « pain » qui est un faux-ami : rien à voir avec la boulangerie, il signifie en réalité « douleur ». Parmi les viennoiseries, on retrouve aussi les « croissants » ou encore la « brioche » comme mots français utilisés en anglais.

Les anglophones nous ont aussi emprunté le mot « cafe » mais il désigne seulement le lieu où vous pourrez boire un « coffee », ou déguster quelques plats simples et autres douceurs.

Parmi les autres mots du domaine culinaire employés en anglais, on retrouve aussi :
• « À la carte » (pour choisir un plat au restaurant) ;
• « Vinaigrette » ;
• « Mousse » ;
• « Ratatouille » ;
• « Entremets » (peu utilisé), etc.

À lire aussi : Quand la cuisine aide à l’apprentissage d’une langue étrangère

Les mots français du domaine de l’amour et du charme

Dans l’imaginaire collectif, le français est la langue de l’amour. Et les Français renvoient l’image tantôt d’indécrottables dragueurs et séducteurs, tantôt de grands romantiques. On ne sait pas si la vérité se trouve quelque part au milieu mais ce qui est sûr c’est que parmi les mots français utilisés en anglais, certains sont issus du champ lexical de l’amour et du charme.

Ainsi, nos amis anglosaxons, en parfaits gentlemen, peuvent donner un rendez-vous galant à une « femme fatale », en prenant soin de la regarder dans les yeux et non dans le « décolleté ». Et si tout se passe bien, cela peut vite être le « coup de foudre ». Un peu timide à l’idée de déclarer sa flamme, le Britannique préférera glisser un « billet doux », en espérant qu’un jour cette jeune femme devienne sa « fiancée ». Pour l’anecdote, le terme « rendez-vous » est lui utilisé par les Anglophones… mais dans un contexte militaire. Tout dépend du caractère de la personne que vous fréquentez, donc.

Côté charme, si monsieur aime à être « libertine » (le terme s’emploie surtout pour les hommes), et souhaite pimenter son couple et son quotidien, il peut proposer à son ami(e) un « ménage à trois ». Et de susurrer, comme dans la chanson Lady Marmelade, un délicat « Voulez-vous coucher avec moi, ce soir ? ».

À lire aussi : Mots d’amour en italien : avec quelles expressions déclarer sa flamme ?

Les mots français du domaine de la mode

Chanel, Dior, Gaultier, Saint-Laurent… Avec l’Italie, la France est considérée comme un pays d’élégance, portée par des couturiers mondialement reconnus. Pas étonnant de voir que beaucoup de mots français utilisés en anglais se rapportent à l’univers de la mode. À commencer par « couturier », lui-même. Que voulez-vous, le français, c’est « chic ». Et c’est sans doute l’un des mots qui revient le plus dans les défilés et les boutiques de vêtements.

Boutiques, justement, où il n’est pas rare de voir revenir le mot « petite ». Dans ce contexte, il est utilisé pour désigner les vêtements féminins de petite taille. Pour rester dans le « prêt à porter » (lui aussi un terme emprunté), on peut citer, outre le « décolleté » vu plus haut, le « déshabillé », le « lamé » ou encore le mot « coquette ». Également, au niveau de la coiffure, les Anglaises se font régulièrement un « chignon ». À noter que si le mots « blouse » est utilisé, il n’a en revanche pas le même sens : il signifie « chemisier » en anglais.

À lire aussi : Qu’est-ce que la francophonie ?

Les autres mots français utilisés en anglais

Il serait trop long de faire le listing complet de tous les mots français utilisés en anglais. Désolé, mais « c’est la vie ! » comme diraient nos amis anglophones, en version originale. Cependant, on peut encore répertorier quelques mots et expressions couramment utilisés et empruntés au français, notamment autour du domaine de l’art et de la peinture : les « beaux-arts », un « chef-d’œuvre », ou encore « trompe-l’oeil ».

Côté expressions au sens plus général, on remarque un intérêt pour les petites phrases polies, utilisées non sans une légère ironie. Au-delà du « bon appétit », les anglophones sont aussi friands de « Bon voyage ! » ou de « Ça ne fait rien ! ». Pour l’anecdote, autrefois, cette dernière expression était d’ailleurs déformée en « San fairy ann ». On retrouve également des mots et expressions plus surprenants comme « cul-de-sac » (prononcez « kull »), « carte blanche », « je ne sais quoi », « bric-à-brac », « volte-face », voire « petit bourgeois » ou « enfant terrible ». Des termes utilisés assez peu fréquemment en français. Enfin, parmi les mots français utilisés, il en est un que l’accent rend anglais rend agréable à l’oreille : « déjà vu ». Un terme utilisé par exemple par Keanu Reeves dans le film The Matrix.

Pour terminer sur une note amusante, une sortie que l’on prête à George W. Bush, sans toutefois qu’elle ait pu être vérifiée. L’ancien Président américain, considéré comme simple d’esprit par ses détracteurs, aurait déclaré « The trouble with the French is they have no word for ‘entrepreneur’ ». Soit littéralement : « Le problème avec les Français c’est qu’ils n’ont pas de mot pour ‘entrepreneur’ ». On vous laisse apprécier.

À lire aussi : Les curiosités de la langue française

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Commentaires

Par Chris K. le 04/01/19 à 19h24

Article intéressant.

Les mots français et autres gallicismes ne sont pas présents qu’en anglais, mais aussi en allemand pour des raisons historiques, et dans beaucoup d’autres langues européennes où leur emploi dénote souvent une certaine forme de snobisme et de classe supérieure.
Parler français ou utiliser des mots français en Russie avant la Révolution de 1917 était le signe extérieur d’une grande richesse intellectuelle dans le contexte de l’époque !

Le comble c’est que certains pays inventent même des termes culinaires à consonance française (et qui n’existent pas en français) pour faire « chic » et bien sûr pour des raisons purement marketing et commerciales.

Par PIERSON le 04/01/19 à 21h27

Bonsoir Chris,

Tu as attisé ma curiosité en disant « que certains pays inventent même des termes culinaires à consonance française », peux-tu nous donner quelques exemples?

Merci

Jean-Paul

Par Michel BELLON le 17/04/19 à 18h48

Bonjour Jean-Paul,

En parcourant d’anciens articles de ce bloc-notes, je suis tombé par hasard sur la question que tu posais à Chris en début d’année. Il est probable que comme moi il n’ait pas vu ton message parce que tu sais que s’il en arrive plusieurs en une courte période, ceux qui les précèdent ont vite fait de disparaître de la colonne « Derniers commentaires », même s’ils sont récents. Et comme nous l’avons déjà regretté, il n’est pas facile de faire une recherche dans les commentaires des articles…

Je peux essayer de te donner quelques éléments de réponse, rapides et un peu disparates. Il existe en anglais par exemple un certain nombre de mots ou expressions qui ont l’apparence de mots français, mais ne le sont pas en réalité. Je n’en ai toutefois pas en tête qui relèveraient particulièrement du domaine de la cuisine.
Quand on examine la chose plus en détail, on se rend compte que ces faux-gallicismes peuvent être de plusieurs catégories.
Celle à laquelle pensait peut-être Chris n’est pas la plus fréquente : ce sont des mots inventés ou mal formés, comme ‘‘bon viveur‘‘, qui correspond à notre « bon vivant ». Cette expression est attestée depuis le milieu du XIXe siècle, et son créateur a visiblement cru que le suffixe -eur était systématiquement utilisé en français pour former un nom d’agent à partir d’un radical verbal. Certes, les exemples sont nombreux, avec des verbes des trois groupes (dîner > dîneur, jouer > joueur, bâtir > bâtisseur, rôtir > rôtisseur, boire > buveur, prendre > preneur…), mais le procédé est loin de pouvoir s’appliquer à tous, comme nous le prouve ce « bon viveur » mal tourné.
D’autres cas sont plus subtils et ne peuvent être compris qu’en faisant appel à l’étymologie. Le terme de ‘‘voir dire‘‘, qui dans le droit américain désigne une audition de personnes pressenties pour être jurés d’un procès dans le but de déterminer leur impartialité, et ailleurs dans le monde anglophone une audience destinée à examiner l’admissibilité d’un témoignage ou d’une preuve, ne vient en réalité pas du français, mais du latin « verum dicĕre », soit « dire le vrai ». Le mot « verum » se retrouve d’ailleurs dans l’adverbe français « voire » (« Il est sérieux, voire austère ») que de très nombreux francophones, ayant du mal à le distinguer du verbe homophone à l’origine totalement différente, orthographient par erreur comme ce dernier, « voir ». Sans doute initialement emprunté par l’anglais à l’anglo-normand, ce ‘‘voir dire‘‘ a ensuite été repris en droit canadien francophone, agrémenté d’un trait d’union, « voir-dire ». Je ne connais que peu le vocabulaire juridique français, mais il ne me semble pas que le terme soit utilisé chez nous. Je suppose qu’il est remplacé par des périphrases du genre « confirmation (habilitation, recevabilité) d’un juré (d’un témoignage, d’une preuve) » et si un juriste lit ces lignes, il pourrait nous le préciser.
L’expression ‘‘nom de plume‘‘ entre dans une troisième catégorie. Elle a été créée par les anglophones, qui la trouvaient sans doute plus « chic » que l’équivalent dans leur langue, ‘‘pen name‘‘. Mais, à la différence de ‘‘bon viveur‘‘, elle était trop bien formée (rappelant de surcroît « nom de scène », « nom d’artiste » ou le plus ancien « nom de guerre ») pour ne pas finir par être adoptée par les francophones et être maintenant utilisée, assez souvent, en tant qu’équivalent spécifiquement littéraire du mot plus général « pseudonyme ».

En français, nous utilisons aussi des mots qui ont une apparence anglaise, mais ne sont pas anglais, par exemple « recordman » pour ‘‘record holder ‘‘ ou « speakerine » pour ‘‘announcer‘‘ (ce dernier sorti de l’usage en même temps que la fonction première à laquelle il s’attachait, et désormais évincé par « présentatrice » ou « animatrice »). D’autres n’ont pas leur sens d’origine, comme « basket(s) » qui a pour équivalent ‘‘basketball‘‘ si on désigne le sport et ‘‘trainers‘‘ ou ‘‘sneakers‘‘ si on parle des chaussures, ou encore « camping » qui ne correspond à ‘‘camping‘‘ en anglais que s’il s’agit de l’activité, mais se dit ‘‘campsite‘‘ ou ‘‘campground‘‘ s’il est question du terrain où on plante la tente.
Notons que ce phénomène ne touche pas que notre langue. Un réalisateur de clips (autre pseudo-anglicisme) vidéo est appelé en russe « клипмейкер », alors que « clipmaker » n’existe pas en anglais.

Revenons aux faux-gallicismes, mais en d’autres langues que l’anglais, et citons l’allemand Raffinesse (« subtilité », « finesse ») ou Blamage (« situation embarrassante ») pour ceux qui sont construits à l’aide de racines et suffixes français mal appariés, et Friseur (« coiffeur ») pour ceux dont l’emploi ne correspond plus à celui du français.
En russe, il y a aussi des mots au sens différent ou limité par rapport à celui qu’ils ont dans notre langue, parmi lesquels on peut mentionner батон [< bâton] = baguette de pain (« bâton » = палка), шампиньон [< champignon] = champignon de Paris (« champignon » = гриб) ou l’amusant шваль [< probablement de « cheval », sans que l’évolution sémantique soit très claire] qui signifie « racaille, ordure » (« cheval » = лошадь).

Ces quelques exemples montrent en tout cas bien que les mots voyagent librement de langue(s) en langue(s), sans cesse et en tous sens, et revêtissent parfois les atours particuliers des langues dans lesquels ils font étape.

Bonne soirée,
Michel.

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