langues en danger unesco
L’Unesco fait un suivi aussi précis que possible de la santé des langues. Près de 4% des langues ont disparu depuis 1950 et près de 40 % sont considérées comme menacées d’extinction pure et simple.

Selon l’UNESCO, près de la moitié des langues parlées actuellement dans le monde pourraient totalement disparaître avant la fin du XXIe siècle. En Afrique, en Amérique du Sud et sur l’ensemble du globe, quelles sont les langues en danger, et quels sont les phénomènes qui engendrent la disparition des langues ?

Disparition des langues : quelques données à méditer

Aux confins de l’Amazonie brésilienne, en Mélanésie, en Afrique Subsaharienne ou encore au Groenland, plusieurs langages ne sont parlés que par une communauté de quelques centaines, voire quelques dizaines de personnes. Des langages voués à disparaître avec leurs derniers locuteurs, au détriment de la richesse culturelle et linguistique du globe. Dans moins de 100 ans, on estime que 500 à 3000 langues seulement survivront à ce phénomène de disparition qui s’accélère de jour en jour.

S’il est difficile de chiffrer le nombre total de langues qui ont déjà disparu, certains linguistes estiment à 75 le nombre d’idiomes éteints en Europe et en Asie mineure au cours des 5 derniers siècles ; 115 langues auraient également disparu aux États-Unis pendant la même période.

les langues en Papouasie-Nouvelle-Guinée
Sur les quelque 7000 langues parlées dans le monde, environ 750 sont parlées sur le seul territoire de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, ce qui en fait le pays le plus dense en matière de langues vivantes.

On considère qu’une langue est en danger quand ses locuteurs cessent de la pratiquer, la réservent à des domaines restreints ou disparaissent sans l’inculquer à leurs descendants. Sur les quelque 7000 langues existantes, 3500 sont parlées par seulement 0,1% de la population. Moins de 10 langues sont parlées par 40% des êtres humains, et 400 langues sont parlées par 95% de la population mondiale. On trouve ainsi une concentration de langues dans les milieux hostiles à l’homme que sont les forêts humides, les mangroves ou encore les hauts plateaux. La destruction de ces écosystèmes favorise donc la disparition de bon nombre de ces langues, en Papouasie-Nouvelle-Guinée ou en Amazonie par exemple. La création des États-Nations dans les pays occidentaux est aussi un facteur favorisant le monolinguisme, puisque la langue devient une affaire d’État.

Si cette disparition des langues est alarmante en Afrique et en Amérique du Sud, au sein de pays abritant des peuples dits « minoritaires », elle est aussi une réalité dans les pays occidentaux. En France par exemple, on considère que les dialectes régionaux comme le Corse, le Champenois ou encore le Lorrain sont voués à disparaître peu à peu.

Langues en danger : pour quelles raisons ?

Il existe de nombreux facteurs qui, à grande échelle et au quotidien, mettent certaines langues en danger et menacent leur transmission.

Uniformiser pour mieux échanger

Pour simplifier les échanges commerciaux, politiques et les flux de population, le monde moderne s’est employé à réduire les diversités linguistiques. Des langues dominantes comme l’anglais, l’espagnol, le mandarin, l’hindi, le français ont ainsi servi de vecteurs pour communiquer, élaborer des partenariats entre les nations et globaliser la culture au détriment de la variété linguistique.

L’avancée des technologies

Réseau mondial par excellence, Internet, omniprésent dans notre quotidien, connecte les hommes du monde entier et simplifie les échanges. Pour les fluidifier, l’anglais s’est imposé à la fois pour la place majeure que la langue occupe au niveau mondial, mais aussi pour sa grammaire simple et logique. Une homogénéisation pratique qui participe là encore à l’anéantissement de certaines langues. Un point de vue qu’il convient cependant de nuancer, la téléphonie mobile et les réseaux sociaux, par exemple, permettant grandement de perpétuer l’utilisation de « petites langues ».

La colonisation et la pression politique

La domination militaire, économique, religieuse ou culturelle d’un pays peut aller de pair avec l’obligation de parler la langue officielle. En parallèle, les idiomes parlés auparavant sont parfois réprimés, entraînant la disparition de ces langues.

La destruction de certaines zones naturelles

L’industrialisation et l’urbanisation croissantes des différentes zones du globe se font souvent au détriment des espèces végétales, animales et des peuples qui y vivent. Contraints à abandonner leur cadre de vie et leur culture, ces peuples se retranchent dans les régions alentours et abandonnent souvent leur langue pour adopter celle des autochtones, afin de faciliter leur intégration.

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L’immigration et la perte de la langue maternelle

Lorsqu’une famille quitte son pays d’origine pour un autre, elle apprendra généralement la langue de ce pays d’accueil à ses enfants, pour les aider à comprendre leur société et à s’y intégrer. Une génération suffit pour cesser de transmettre une langue maternelle et perdre cet héritage.

Certaines actions sont entreprises par l’UNESCO pour sauvegarder les langues en danger, en encourageant notamment l’enseignement des langues dites « minoritaires » ou l’utilisation de ces idiomes dans les médias par exemple. La France prend également des mesures pour sauvegarder son patrimoine linguistique grâce à la « Charte Européenne des langues régionales ». Si une première étape a été franchie en septembre 2014 avec la validation de la proposition de loi par les députés, la route s’annonce encore longue avant une éventuelle entrée en vigueur.

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