La langue française n’est pas la plus aisée à maîtriser. C’est une langue riche, pleine de particularités, de spécificités, d’exceptions. Mais aussi riche de curiosités, tantôt surprenantes ou amusantes. Mots (très) longs, de genres différents, à la prononciation particulière, à construire, déconstruire et reconstruire… Gros plan sur toutes les curiosités qui nous font aimer la langue française, avec Assimil.

Quel est le mot le plus long de la langue française ?

Les très longs mots font inévitablement partie des curiosités de la langue française et d’ailleurs. Dans la langue de Molière, le mot le plus long connu de tous, demeure le fameux « anticonstitutionnellement » et ces 25 lettres. En décembre 2017, un séisme (et l’on pèse nos mots) a failli bouleverser le monde des connaissances collectives avec l’intronisation d’un mot à 27 lettres : « intergouvernementalisation ». Une annonce finalement rapidement démentie par l’Académie française.

Au risque d’en décevoir plus d’un, « anticonstitutionnellement » n’est pas le mot le plus long de la langue française. Il s’agit d’une croyance populaire. De nombreux autres mots comportent plus de lettres. « Ils ne sont pas utilisés dans la langue courante et ne sont, de ce fait, enregistrés que par des lexiques techniques et spécialisés », expliquait Virginie Chouraqui, chargée de communication à l’Académie française, dans Le Figaro en décembre 2017. À titre d’exemple, le terme chimique « cobaltidithiocyanatotriaminotriéthylamine » comporte 41 lettres. Enfin, comble de l’ironie, la peur des longs mots (cette pathologie existe bel et bien) porte le doux nom de « hippopotomonstrosesquippedaliophobie ». Canular ou fait réel ? Le débat reste ouvert…

Des mots masculins et féminins

Le français n’est pas la langue la plus simple à maîtriser, c’est un fait. D’autant que certaines particularités viennent compliquer un peu plus le vocabulaire. C’est le cas de certains mots qui voient leur genre changer suivant s’ils sont écrits au singulier ou au pluriel. Ainsi, « amour », « délice » et « orgue » doivent s’écrire au masculin singulier et au féminin quand ils/elles passent au pluriel.

Les mots de la langue françaises qui ne riment avec rien

Parmi les curiosités de la langue française, certains mots n’ont pas l’intention de faciliter la vie de ceux qui aiment manier le verbe. Le français a connu, au fil des siècles, bon nombre d’ambassadeurs qui savaient parfaitement le manier, jouer avec lui, et le faire sonner de belle manière. Poètes, écrivains, musiciens… Tous cherchent ou ont cherché les rimes les plus riches pour rythmer les histoires qu’ils ont à raconter.

Mais un petit groupe de mots fait de la résistance. Rimer ? Très peu pour eux. « Belge », « goinfre », « larve », « meurtre », « monstre », « pauvre », « quatorze », « quinze », « simple », ou encore « triomphe » ne riment avec… rien ! Aucun autre mot ne reprend leur dernière syllabe et leur consonne d’appui. Dans le meilleur des cas, il est possible de faire une rime pauvre, comme « Quatorze » et « Bronze », par exemple. Mais, vous en conviendrez, ce n’est pas ce qu’il y a de plus joli à l’oreille.

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Un curieux oiseau de la langue française

Le mot « oiseaux » est à lui seul une curiosité de la langue française. Avec ses sept lettres, il s’agit du plus long mot que l’on lit sans pour autant prononcer la moindre lettre. En effet, nous n’entendons pas de son « o », de « i », de « a », etc. Une petite particularité qui lui vaut toutefois d’être mis en avant.

Les anagrammes

Les anagrammes font partie de ces curiosités de la langue française qui permettent de jouer avec les mots. Concrètement, cette figure de style consiste à inverser ou mélanger les lettres d’un mot, ou d’un groupe de mots, pour en créer un nouveau. Par exemple, avec les lettres de « Marie », il est possible d’écrire le verbe « aimer ». Idem avec « sujet » et « juste » ou encore « crâne » et « écran ».

Mais là où les anagrammes deviennent un véritable exercice de style, c’est lorsque le nouveau mot formé répond – si possible de façon amusante – au terme initial. Ainsi, « chien » permet de donner le mot « niche ». On peut également citer, dans le domaine de la santé, le mot « endolori » qui devient « indolore » ou « soigneur » qui entraîne une « guérison ». Ces deux mots n’ont d’ailleurs pas du tout la même étymologie.

Vous pouvez également former des phrases à partir de groupes de mots, voire de noms propres. Par exemple, « Le Commandant Cousteau » devient « Tout commença dans l’eau », et, de manière assez ironique et cynique, « la crise économique » donne « le scénario comique ». Il existe de nombreuses autres anagrammes, dont certains un peu plus grivois. Mais ceux-là, nous vous laissons le soin de les chercher.

Les palindromes

Dans un sens et dans l’autre. Le palindrome est, lui aussi, une figure de style qui définit un mot ou une phrase pouvant être lue de gauche à droite, comme de droite à gauche. C’est le cas de « Mon nom », notamment. Dans la langue française, « ressasser » est le plus long palindrome, que vous le ressassiez d’un côté ou de l’autre. Le plus long en tant que simple mot, évidemment. Car là où la figure de style prend des proportions incroyables, c’est quand le palindrome est une phrase, voire un texte entier.

On peut par exemple citer « Engage le jeu que je le gagne », ou « Éric, notre valet, alla te laver ton ciré ». À noter que le valet peut également se prénommer Luc mais c’est tout de suite moins élégant. Certains auteurs ont, eux, préféré repousser les limites du palindrome pour signer de véritables performances. En 1969, l’écrivain Georges Pérec – à qui l’on doit « La Disparition » (voir ci-dessous) – a écrit « Au moulin d’Andé », un palindrome de quelque 1 247 mots et 5 566 lettres. Créé en 2004, le « palindrome de Saint-Gilles », compte, lui, 2 119 mots pour 8 349 caractères.

Les lipogrammes

Un lipogramme est également une figure de style qui consiste à rédiger un texte dans lequel une lettre est volontairement omise. Et, par extension, où une partie du vocabulaire est perdue. Pour les mots seuls, le plus long lipogramme en « e » (la lettre la plus utilisée de la langue française) est « institutionnalisation ». Le véritable exercice consiste surtout à écrire un long texte en se privant d’une lettre. En 1968, Georges Pérec – encore lui – est parvenu à rédiger, un roman de 300 pages en n’utilisant pas une seule fois la lettre « e », dans son ouvrage « La Disparition ». Lors de sa sortie, la subtilité de la lettre manquante n’étant pas expliquée, c’était aux lecteurs de découvrir que la fameuse disparition concernait tout simplement le « e ». L’auteur s’est même ajouté une difficulté supplémentaire dans certains chapitres en se privant de l’usage de la lettre « a ».  Avec succès.

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