Parlez-vous le langage SMS ?

Publié le 04/10/2019 par Éditions Assimil
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langage SMS

En moins de 30 ans, il a su s’imposer comme un langage à part et évoluant extrêmement rapidement. Les SMS sont entrés dans le quotidien des utilisateurs de téléphone du monde entier pour devenir un des moyens de communication préférés de tous car simple et rapide. Mais surtout, les textos ont développé leurs propres codes (dictés par les jeunes générations) et leurs expressions au fil du temps. Histoire, conséquence sur l’orthographe, influence d’autres langues et petit lexique : apprenez à parler le SMS avec Assimil.

Histoire du SMS

Aujourd’hui, le langage SMS est parlé dans le monde entier par la (quasi) totalité des possesseurs de téléphone portable. Plus qu’une simple évolution, on peut légitimement considérer ce moyen de communication – et le langage associé – comme une révolution moderne (au même titre qu’Internet) tant il s’est très largement développé dans un laps de temps très court.

Car le SMS – pour « Short Message Service », ou littéralement « Service de messages courts » – fête, en 2019, ses 27 ans. Moins de trois décennies pour s’imposer comme l’un, si ce n’est le, moyen de communication le plus sollicité au quotidien. C’est le 3 décembre 1992 que le tout premier SMS (commercial) fut envoyé, via le réseau Vodafone au Royaume-Uni, entre l’architecte logiciel, Neil Papworth, et Richard Jarvis, l’un des dirigeants de Vodafone. Le contenu de ce premier texto ? « Merry Christmas ! » (« Joyeux Noël ! »).

Mais le SMS trouve, en réalité, son origine en Finlande. L’employé de l’opérateur téléphonique TeliaSonera, Matti Makkonen, et son équipe, mettent au point ce nouveau moyen de communication pour simplifier le quotidien des personnes malentendantes. Très vite, l’invention dépasse ce contexte. Dès 1993, l’opérateur finlandais Radiolinja propose un abonnement incluant une offre SMS puis, en 1994, le Nokia 2010 devient le premier téléphone à permettre l’envoi de messages courts.

> À lire aussi : Les émojis : vers un nouveau langage ?

L’influence du langage SMS sur l’orthographe

La large démocratisation des textos dès le début des années 2000 a entraîné avec elle l’apparition de ce que l’on appelle couramment le langage SMS. Il se caractérise par un ensemble de codes et de règles tacites :
• Les abréviations : par exemple, « bjr » pour « bonjour » ou « slt » pour « salut » ;
• L’écriture phonétique : « koi » pour « quoi », « keske » pour « qu’est-ce que », « G » pour « j’ai », « C » pour « c’est », etc. ;
• Le rébus typographique : « 2m1 » pour « demain », « bi1 » pour « bien », « koi 2 9 » pour « quoi de neuf », etc. ;
• Les anglicismes plus courts que les termes français : « now » pour « maintenant », « today » pour « aujourd’hui », « U » pour « you », etc.

Cette sorte de nouveau langage s’est rapidement popularisé. Les raisons sont nombreuses. D’une part, ce langage est apparu à une époque où les abonnements téléphoniques facturaient le SMS à 160 caractères maximum, obligeant les utilisateurs à user de techniques pour en dire le plus possible en un minimum de signes. D’autre part, les anciens téléphones ne possédaient pas de clavier « AZERTY » comme les smartphones actuels, et nécessitaient de presser plusieurs fois chaque touche pour former une lettre. De quoi perdre patience sur certains longs mots. Enfin, le SMS était principalement utilisé par des jeunes utilisateurs qui prenaient un malin plaisir à déstructurer leur langue maternelle et à créer ce langage propre, que les adultes ne maîtrisaient pas nécessairement.

Du côté des défenseurs de la langue française, le langage SMS s’est rapidement présenté comme un grand épouvantail. La jeunesse française ne saurait plus écrire, expliquent les détracteurs du texto. Mais qu’en est-il réellement ? À vrai dire, il est difficile de tirer une conclusion définitive. Certains adolescents savent manier le langage SMS aussi bien que la langue française « traditionnelle ». D’autres connaissent plus de difficultés.

Une étude scientifique de 2014 a tenté d’apporter une réponse à cette question : « Les SMS représentent-ils une menace pour l’orthographe des adolescents ? ». Étude menée par des chercheurs du Centre de Recherche sur la Cognition et l’Apprentissage, de l’Université Paris Ouest Nanterre et de l’Université Toulouse II – Le Mirail.

Après analyse de 4 524 textos rédigés par dix-neuf adolescents français de 12 ans, il apparaît que le langage SMS n’impacte pas les capacités et le niveau en orthographe des utilisateurs. Au contraire, cela serait une manière différente de pratiquer l’écrit. Une étude dont les conclusions peinent toutefois à convaincre les plus sceptiques puisque le panel de dix-neuf élèves reste relativement faible.

> À lire aussi : Twitter, Facebook : le langage Internet, évolution ou recul ?

L’influence des autres langues sur le langage SMS

Au même titre que le français, le langage SMS a été influencé, impacté par d’autres langues. À commencer par l’anglais, bien évidemment. Comme expliqué ci-dessus, ces emprunts ont souvent pour but de raccourcir des termes longs en français. Outre « now » ou « today », on peut également citer « asap » – également très populaire dans le monde du travail – pour « as soon as possible », littéralement « dès que possible ».

Preuve de l’importance prise par le langage SMS et de la forte influence de l’anglais, le célèbre acronyme « lol » – pour « Laughing Out Loud », ou « Mort de rire » en français » – a fait son entrée dans le dictionnaire en 2013. À tel point que certaines personnes utilisent même cet acronyme à l’oral, dans leur phrase.

Il est également intéressant de constater que la langue arabe a su s’imposer dans les textos – et plus généralement dans le langage Internet – à travers des petites expressions. Ainsi, il n’est pas rare de lire des abréviations comme, par exemple, « wllh ». Version contractée de « Wallah », c’est initialement une manière de jurer « par Allah ». Elle a toutefois tendance à perdre sa connotation religieuse, étant utilisée plus généralement comme un simple synonyme de « Je te jure ».

Petit lexique du langage SMS

Au même titre qu’une langue vernaculaire, parler le langage SMS évolue au fil des années. En tant qu’argot numérique, on peut même dire que ses codes évoluent très, très rapidement. Par exemple, rares sont ceux qui utilisent encore « A 2m1 » ou « C bi1 », des expressions pourtant courantes il y a une petite quinzaine d’années. Alors, qu’en est-il en 2019 ? Voici un petit lexique de mots et expressions à utiliser dans vos textos :

• Askip : « À ce qu’il paraît », très utile pour faire circuler une rumeur ;
• Ama : « À mon avis ». Existe dans sa version anglaise, « imo » pour « In my opinion ».
• Bjr : « Bonjour ». Fonctionne également avec « bsr » pour « bonsoir ».
• Blc : sigle signifiant très poétiquement « Je m’en bats les couettes », (ou terme ressemblant) laissant entendre que l’on n’est pas vraiment intéressé par ce que dit ou fait son interlocuteur ;
• Cc : « Coucou » ;
• Cv : « Ça va ». Il peut tout à fait suivre un « cc » pour donner un court mais finalement poli « cc cv ? » ;
• Dsl : « Désolé » ;
• Dtc : abréviation de « dans ton c… », réponse culottée mais méritée à la question « Où ça ? » ;
• Jdcjdr : « Je dis ça, je dis rien » ;
• Jpp : « J’en peux plus ». Peut être aussi bien utilisée après une très bonne blague qu’après une très mauvaise ;
• Jsp : Je sais pas » ;
• Jtm : si vous ne connaissez pas ce sigle, il est vraiment temps de vous mettre aux SMS ;
• Msk : « Miskine », un terme arabe traduisant la pitié. Il peut être utilisé pour symboliser l’empathie (« le pauvre ») ou le mépris (« le misérable ») ;
• Oklm : lire « au calme ». Cela veut dire tout simplement que tout va bien, que vous vous sentez bien ;
• Osef : « On s’en fout » ;
• Tg : invitation à se taire ;
• Wsh : « Wesh », une interjection venant de l’arabe pouvant signifier aussi bien « salut » que « oui » ou même marquer l’exaspération. Un terme multifonctions en quelque sorte ;
• Yolo : de l’anglais « You only live once », littéralement « On ne vit qu’une fois ». Sorte de « Carpe diem » moderne. Attention, toutefois, elle commence à dater et à être utilisée de manière ironique et/ou moqueuse.

> À lire aussi : Nouvelles technologies et diversité linguistique : de l’écriture au web

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